Hier était un grand jour pour moi : c’est la première fois que je participais au financement d’un projet. Oui j’ai déjà vu passer beaucoup de projets passionnants sur KissKissBankBank et Ulule, mais je n’avais encore jamais sauté le pas. C’était jusqu’à ce que Marion lance enfinnnnnn sa oCulotte, une culotte menstruelle fabriquée en France, et qui en plus, a l’air d’être hyper confortable pour passer cette période où je me transforme en harpie prête à sauter à la gorge de mon homme au moindre faux pas !

J’ai toujours adoré les belles histoires, vous savez celle qui finissent par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Scarlett et son monde de bisounours ! L’histoire de la oCulotte ressemble un peu à ça… Je vous raconte !

Depuis que je suis devenue micro-entrepreneuse, j’ai rencontré tout un tas d’entrepreneuses aux projets fabuleux. Si vous saviez tout ce que les femmes nous concoctent en France mais qui ne voient pas toujours le jour pour de multiples raisons : difficultés administratives, manque de confiance en soi et en son projet, propension à se dire qu’on est trop nulles, à procrastiner et à reporter un projet trop génial, difficultés à convaincre les banques d’embarquer dans notre aventure…

Il y a un an, j’échangeais avec Marion, la créatrice de Marguette, une boutique en ligne de cosmétiques bio et bons pour nous. J’ai tout de suite accroché, déjà parce que ma salle de bain se compose uniquement de produits naturels, ensuite parce que Marion est une femme adorable, généreuse, qui souhaite vraiment apporter du mieux-être aux femmes.

Je continue donc ma jolie histoire parce que j’ai une faculté gigantesque à m’éloigner de ce que je voulais raconter initialement… Il y a quelques mois, je lance un sujet sur mon groupe Les Slow Lifeuses concernant les culottes menstruelles. Dans ma tête c’était la folie, je venais de découvrir un truc de dingue : quoi, mais on peut se passer de serviettes hygiéniques, tampons et coupe menstruelle ? Je suis en plein rêve ou quoi ? Mais oui, je ne rêve pas, cela existe bien. Et j’ai bien vu que je n’étais pas la seule passionnée par le sujet étant donné l’engouement des Slow Lifeuses face à cette histoire. Sauf que, lors de nos échanges, nous en arrivons à la conclusion qu’elles ont l’air très chouettes ces culottes menstruelles, mais qu’elles ne sont pas fabriquées en France. Les frais de port sont donc très élevés, mais surtout, nous sommes nombreuses à favoriser le savoir-faire français, à consommer moins, mais français (oui car consommer français coûte souvent plus cher). Les différentes entrepreneuses qui connaissent Marion se sont ainsi mises (moi y compris) à lui demander de combler notre besoin : dis Marion, tu voudrais bien nous la fabriquer cette culotte menstruelle Made in France ? (c’est facile d’écrire ça dans un commentaire Facebook, c’est moins simple de le réaliser pour de vrai, rapport à l’un des précédents paragraphes dans lequel j’ai bifurqué de mon histoire pour évoquer les difficultés des entrepreneuses. Vous suivez toujours ?  :D)

Je me jèterai bien des fleurs en disant que tout cela est arrivé grâce à moi car je suis une fille vraiment trop géniale, mais ce serait un peu trop gros comme belle histoire qui finit bien. Marion y pensait déjà depuis un long moment à ce projet, elle a donc décidé de se lancer ! Et pour avoir auto-édité un agenda Slow Life et un Carnet qui me veut du bien, j’imagine combien il a dû être compliqué et éprouvant de réussir à mettre au point un produit qui n’existait pas sur le marché français !

Marion vient donc de recevoir ses premières oCulottes, des culottes menstruelles fabriquées dans un atelier français. Elle lance actuellement une campagne de financement pour lancer sa première production. En participant à sa campagne, on peut ainsi faire partie des premières à recevoir ces culottes menstruelles françaises. Je me suis empressée d’en commander trois (je m’imagine déjà dans mon lit, la nuit, à faire l’étoile sans avoir à me relever, le bonheur sur terre !). Et si vous êtes aussi curieuse que moi, vous vous posez peut-être tout un tas de question à propos de cette histoire de culottes menstruelles : combien de temps ça tient ? Est-ce que ça peut vraiment remplacer les coupes menstruelles, tampons et serviettes hygiéniques ? Comment je lave le truc après ?  Quelle taille je dois prendre ? J’ai donc directement posé toutes ces questions à Marion, parce que lorsqu’il s’agit de notre cycle, on a toujours tout plein de questions !

(Je viens très certainement de rédiger l’introduction à une interview la plus longue de toutes les interviews jamais réalisées).

Qui es-tu Marion ?

Bonjour, je suis une jeune entrepreneuse, gérante de Marguette.com une boutique de produits bio et d’accessoires zéro déchet pour l’hygiène. Et depuis quelque temps, je suis également la créatrice de l’oCulotte.

C’est quoi la oCulotte ?

L’oCulotte c’est une culotte menstruelle lavable. C’est-à-dire une culotte, comme vous avez l’habitude de porter chaque jour mais qui a la particularité d’absorber votre flux menstruel. Elle a au niveau de l’entre-jambes des membranes absorbantes et imperméables.

Pourquoi l’avoir appelé oCulotte ?

Je voulais un nom très simple. Le « o » rappelle beaucoup de choses comme le cycle, la lune, mais c’est aussi le « o » d’ovaires, d’ovulation, la première lettre du gynécologue Ogino qui avait découvert le fonctionnement du cycle menstruel. Bref, une évidence !

Comment t’es venue l’idée ?

Je crois que l’idée a commencé à germer dans ma tête en début 2017. Simplement, je cherchais une protection périodique externe à mettre en vente sur la boutique. Je voulais quelque chose de simple comme des serviettes hygiéniques lavables noires. Je n’en ai pas trouvé et j’ai toujours été embêtée de lire que ces dernières avaient la fâcheuse tendance de glisser de haut en bas dans la culotte. Je me suis alors mise à dessiner pour chercher des solutions. J’imaginais un système de culotte à scratch avec serviettes amovibles. Je me disais déjà « on fait des couches lavables pour bébé pourquoi pas des culottes lavables plutôt que simplement la serviette ». Puis j’ai refermé ce carnet, mettant l’idée de côté.

Quelques mois plus tard, je commence à voir partout les culottes menstruelles américaines et notamment sur le groupe des Slow Lifeuses. C’est toi, Scarlett, qui avait partagé un article. Et je me disais que c’était ça, ce que je voulais sur la boutique. Seulement, je préfère la fabrication Française. En commentaire, nous étions toutes d’accord là-dessus. C’est là, que je vous ai avoué que l’idée me trottait dans la tête et vous m’avez motivé à me lancer !

 Quelles ont-été les différentes étapes de fabrication ?

J’ai tout d’abord repris mes crayons pour dessiner et poser sur le papier toutes mes recherches afin de pouvoir prospecter avec un support les ateliers. J’ai ensuite envoyé des emails en expliquant le projet. Notamment à Lemahieu c’est un fabricant du nord de la France, je les ai découvert en naviguant sur le site du slip Français. En plus, d’être fabricant de cette célèbre marque, ils sont surtout spécialisés dans les sous-vêtements paramédicaux. C’était donc une évidence, qu’ils étaient les partenaires rêvés pour l’oCulotte.

Nous avons échangé et j’ai eu les premiers frissons dans le ventre quand ils m’ont dit qu’ils trouvaient l’idée géniale et qu’ils voulaient me suivre !

Les choses se sont ensuite enchaîné, rendez-vous téléphonique pour tout mettre au point budget, tissus, étude du produit. Et le premier prototype est arrivé en début d’année.

Comment ça marche concrètement pour notre cycle menstruel ?

En réalité, c’est très simple. Il suffit d’enfiler sa culotte pour être protégée. Elle absorbe le flux dans sa membrane absorbante.

Ensuite, au moment de vous changer, vous la rincez à l’eau froide pour faire sortir le sang puis vous la lavez à la main ou bien direction le panier à linge pour passer au prochain cycle de machine avec le reste de votre linge.

Est ce que je vais pouvoir me passer de protections hygiéniques ?

Oui, la culotte a une très bonne capacité d’absorption qui permet de l‘utiliser tout au long du cycle. Mais cela dépendra de chacune, oui certaines femmes pourront se passer du reste, d’autres seront plus à l’aise à l’idée de porter une cup en plus par exemple ou bien de porter la culotte seulement la nuit. Nous sommes toutes différentes, et chacune saura s’approprier l’utilisation de sa culotte en testant.

Une chose est sûre, elle fera le confort de toutes les femmes qui utilisent des protections internes mais qui sont bien souvent presque vides en début et fin de cycle.

Côté modèles, couleurs… Il y a un modèle en noir ? Et côté tailles ?

Pour le lancement, il y aura un seul modèle en coton noir. Pour le financement participatif, pour une question de coût j’ai dû restreindre les tailles du S au XL. J’espère pouvoir élargir l’offre à l’avenir en commençant par les tailles puis les modèles. (Note de Marion sur le groupe des Slow Lifeuses : le M est un 38/40, elle indiquera les mesures tour de hanche et tour de taille dès qu’elle aura le retour de l’atelier sur l’ensemble des tailles. Après financement, elle prendra en effet contact avec les participantes pour connaître leur taille).

Combien de oCulottes préconises-tu pour un cycle complet ?

Si l’on considère qu’une femme à un flux normal, des règles sur 5 jours et qu’elle utilise uniquement la culotte menstruelle qu’elle lave à la main, je dirais 3 pour avoir un bon roulement : une propre, une qui sèche, une de portée. Si elle lave uniquement en machine alors 10 et elle est tranquille !

Après c’est toujours pareil, chacune se crée sa routine.

Quid des fuites ? On peut sortir tranquilles ?

Je ne veux pas m’avancer en disant qu’il y un risque zéro mais oui on peut sortir tranquille car la protection ne bouge pas, elle reste en place et cela réduit bien le risque !

Cela doit être top la nuit. Mais ça tient combien de temps ? On a besoin de 3 culottes par jour ?

Oui la nuit c’est vraiment top, d’autant plus que la position horizontale fait que l’on perd moins parfois donc cela évite par exemple le tampon presque vide à retirer le matin… Pour un flux normal, non pas besoin de 3 culottes par jour, une seule suffira.

Qu’est ce que tu souhaites apporter aux femmes avec ce projet ?

Je veux leur apporter une alternative, avoir le choix d’une protection supplémentaire qui ne soit pas nocive pour l’environnement et la santé tout en étant très confortable et si simple.

J’espère que de nombreuses femmes me diront que l’oCulotte a changé leur façon de vivre leurs règles. C’est mon cas, je souhaite que ce soit le leur.

Pour soutenir le projet de Marion, rendez-vous sur sa campagne de financement. Si Marion réunit les fonds nécessaires pour produire sa oCulotte, on pourra se la procurer au prix de 32,90€.