Wouhouuu je suis trop heureuse d’inaugurer cette nouvelle rubrique sur mon blog : il y a quelques semaines (ça m’a pris un matin au réveil comme ça, j’ai pas bien évalué la charge de boulot qui m’attendait derrière, comment d’habitude) j’ai eu envie d’interviewer les Slow Lifeuses. Toutes les Slow Lifeuses (bon je crois que ça va me prendre 10 ans, mais on est Slow après tout) ! Les Slow Lifeuses c’est le nom du groupe Facebook que j’ai créé il y a un an, un groupe de femmes qui veulent appréhender la vie autrement, plus positivement. Un groupe de femmes qui aiment faire la fête, rire, prendre soin d’elles, et tentent de porter leur attention sur les petits plaisirs de la vie. 

En lançant mes premières interviews je me suis rendue compte de toutes leurs vies passionnantes et petites actions qu’elles mettent en place au quotidien pour rendre le monde plus joli. J’ai donc décidé de continuer à leur poser tout plein de questions, parce que les Slow Lifeuses c’est avant tout ces femmes passionnantes ! Je vous présente donc Camille, une jeune femme de 24 ans que j’ai eu la chance de rencontrer dans la vraie vie lors d’un marché de Noël en Belgique.

Coucou Camille, peux-tu te présenter rapidement ?

J’ai 24 ans, j’habite en Belgique, pas loin de la frontière française. J’ai terminé mes études de communication il y a 6 mois, et je viens de trouver un travail en tant qu’animatrice en Maison de Jeunes. Et j’aime voyager, je suis une personne curieuse, je m’intéresse à plein de choses.

Tu m’as confié avoir changé de voie récemment, peux-tu nous en parler ?

Quand on a 18 ans, ce n’est pas facile de savoir ce que l’on veut faire dans la vie, de trouver un métier, une passion, qui va nous animer jusqu’à la retraite. Mes parents voulaient absolument que je fasse des études, alors que je n’avais qu’une envie c’était de voyager, pour peut-être m’améliorer en langues, car je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie. Et mes parents ne voulaient pas que je parte, j’aurai tout le temps de le faire plus tard…

Donc, j’ai choisi des études sans forcément savoir si ça allait vraiment me plaire, et comme je suis très scolaire, j’aime suivre les cours, je trouve toujours ça hyper intéressant, surtout que je suis très curieuse. Donc j’ai suivi un cursus pour devenir professeur de français, car j’ai toujours bien aimé ce cours, et je visais évidemment de pouvoir travailler à l’étranger et de pouvoir voyager grâce à mon métier. Et deux ans et demi plus tard, j’ai seulement compris que non, je n’avais pas envie d’être prof toute ma vie. Et le souci avec ce genre de cursus, c’est qu’à part être prof, tu ne peux pas faire grand chose d’autre. Du coup j’ai arrêté mes études, un peu sur un coup de tête, en plein milieu de mon année scolaire, et je crois que c’est une des meilleures décisions que j’ai prise de ma vie. Ainsi, j’ai pu prendre 6 mois pour réfléchir à ce que j’allais faire, pour me questionner, et pour trouver le cursus qui allait me plaire et qui allait m’ouvrir les portes que je cherchais. Et c’est comme ça que je me suis retrouvée en communication. C’est un domaine tellement large, que si un jour le boulot que je fais ne me plait plus, je pourrais toujours changer de métier, de secteur. De ce fait-là je me sens beaucoup plus sereine à aborder l’avenir, car je ne risque pas de rester coincée dans un domaine en particulier.

Comment as-tu su ou senti que les études que tu suivais n’étaient finalement pas pour toi ?

Les études en soi étaient super intéressantes, c’est surtout pendant les stages où je comprenais que non je n’aimais pas ce métier. Je perdais souvent les pédales, je n’étais pas assez préparée pour donner cours, c’était un peu la catastrophe. Et l’année où j’ai arrêté, c’était une année où je doublais, donc je n’allais pas souvent en cours parce que je n’avais pas envie de revoir la matière que je connaissais déjà. Et pendant mon stage, je dormais peu, j’étais stressée, tendue, je faisais des crises d’eczéma. Et là, quand j’ai vu que je commençais à avoir plein de boutons, je me suis dit que ce n’était pas normal. Mon corps m’a clairement fait comprendre que stop, il fallait arrêter. J’avais voulu prouver à mes parents que je pouvais y arriver, mais je ne m’étais pas écoutée. Et cette année là, je me suis vraiment écoutée, et j’ai compris que je n’étais pas faite pour ce métier.

Pourquoi ça te parle la Slow Life ?

Pour moi la Slow Life c’est le fait de s’écouter.

De s’écouter vraiment, au plus profond de soi-même, et surtout pour être en accord avec ses valeurs et son mode de vie.

Et depuis l’année où j’ai pris conscience qu’il fallait s’écouter et où j’ai arrêté mes études, je cherche à m’écouter davantage. Je cherche à prendre le temps, prendre le temps de faire les choses bien, prendre le temps pour moi, prendre le temps pour les autres.

Les Slow Lifeuses, elles t’apportent quoi ?

La plupart du temps quand je communique avec les Slow Lifeuses, c’est pour parler de mes soucis, elles m’apportent du réconfort, du soutien, des conseils, et parfois simplement de belles paroles qui font chaud au cœur. Mais c’est aussi le moyen d’avoir des idées pour ralentir le rythme et s’écouter encore plus. Il y a des choses que je dit aux Slow Lifeuses, que je ne dirai même pas à mes proches, car je ne me sens pas jugée, je sens qu’on essaye vraiment de me comprendre, de m’écouter, et de m’aider.

Qu’est ce qui te fait vraiment vibrer au fond de toi ? A quel moment tu t’es déjà sentie particulièrement vivante ?

Je crois que c’est quand je voyage et que je dépasse mes limites, que je fais des trucs de dingue et que je n’aurai pas pu les faire en restant chez moi. Et dépasser ses limites, c’est parfois très difficile, ça peut faire mal, mais quand on y arrive, ça fait un bien fou. En exemple : faire des treks dans les montagnes du Pérou où l’oxygène manque, avec très peu d’endurance, et monter jusqu’au Machu Picchu avec des escaliers interminables ; partir 4 mois seule à l’autre bout du monde en Nouvelle-Calédonie pour un stage, et là-bas faire de la plongée avec les requins, faire un vol en ULM… C’est à ces moments là que je me sens vivante, je dépasse mes limites, je fais des choses dont je ne me serai jamais crue capable, mais je le fais quand même.

Si l’argent n’était pas un problème (si ça n’existait plus), tu ferai quoi tout de suite maintenant ?

Je crois que je ferai un tour du monde, mais pas en simple touriste, je crois que j’aimerais me rendre utile, faire du bénévolat, apporter mon aide aux gens, aux populations qui sont dans le besoin. Je crois que c’est quelque chose que j’ai besoin de faire.

Pour moi, on est sur terre pour une raison, et je pense que ma raison d’être c’est d’aider les autres.

Et pourtant au quotidien, je n’ai pas le sentiment de faire beaucoup de choses pour aider les autres, j’aimerais me mettre au service d’une œuvre caritative.

Qu’est ce qui te donne facilement le sourire ?

Je crois que c’est mon homme qui me donne facilement le sourire, il a toujours un truc, une blague pour me rendre le sourire quand j’ai des coups de mou. Sinon, mes meilleures amies aussi savent souvent me rendre le sourire, il suffit qu’elles m’écoutent, qu’elles me conseillent ou me remontent le moral, qu’elles me racontent de vieilles anecdotes que l’on connaît par cœur mais qui nous font toujours sourire.

Qu’est ce qui t’émeut facilement ?

Je suis facilement émotive et sensible. Je peux parfois verser une petite larme pour des bêtises, la plupart du temps devant un film où il y a une scène triste. Mais ça arrive aussi que je verse ma petite larme quand quelqu’un s’inquiète pour moi, si cette personne montre de l’intérêt, de la compassion ou de l’inquiétude envers moi, ça m’émeut, parce que je me dit que cette personne se tracasse pour moi et qu’elle fait attention à moi, donc qu’elle m’apprécie. Et moi je n’aime pas inquiéter mes proches.

C’est quoi une journée idéale pour toi ?

Une journée idéale pour moi serait une journée où je me lève vers 8h sans avoir de mal à me lever, où je prend un super petit déjeuner complet et sain (ce qui n’est jamais le cas), où je ferai un peu de yoga, de sport, d’étirement et de musculation histoire de me remettre en forme. Ensuite, je travaillerai sur des projets qui me tiennent à cœur. Je bouquinerai (parce que je ne prend pas souvent le temps de lire) et j’exercerai aussi ma créativité en faisant quelque chose de manuel ou d’artistique. Le repas de midi et le repas du soir serait évidemment des repas sains. Et bien entendu, gourmande comme je suis, je m’accorderai un petit encas sucré pour le goûter. Et enfin, la soirée serait plutôt tranquille devant une série en amoureux. Ou alors, tout le contraire, une bonne soirée avec les copains, autour d’un bon repas, de verres de vin, de jeux de société et de bonnes tranches de rigolade.

Tu m’as confiée être née à Bruxelles et vivre en Belgique, qu’est ce que tu y préfères, que ce soit dans ton environnement, les gens… ?

J’aime ce petit pays parce qu’on peut aller partout en 2 heures de trajet. J’ai de la famille et des amis éparpillés un peu partout dans le pays, et je me souviens quand j’étais petite qu’on partait tout le weekend avec mes parents pour faire le tour de la famille, c’était comme partir à l’aventure. Je trouve que les belges ne se prennent pas trop la tête, on a beaucoup d’humour et on sait rire de nous-mêmes, je pense de ce fait-là qu’on est plus franc, plus « vrai ». Et puis, on a les meilleures bières du monde et les meilleures frites !

Si tu pouvais changer une seule chose dans le monde ce serait quoi ?

Que tout le monde puisse vivre en paix et en harmonie, dans le respect de chacun. Il y a trop de racisme et d’inégalités dans le monde, et c’est ça qui provoque les guerres, les conflits, les discriminations, et c’est bien dommage car au final nous sommes tous pareils, nous sommes tous des êtres humains, à la seule différence que nous avons des origines et des croyances diverses.

Merci Camille <3