Aujourd’hui je vous présente Eva, une Slow Lifeuse qui a créé sa propre marque de maillots de bain « Historia Natural« , des maillots de bain une pièce croisés dans le dos, avec de jolies couleurs. Je découvre chaque jour tout ce que vous faites au quotidien, c’est fascinant ! Sur le groupe, Eva est toujours positive et enthousiaste, une vraie croqueuse de petits plaisirs de la vie. Je suis donc super contente d’avoir pu en apprendre un peu plus sur elle.

Bonjour Eva, peux tu te présenter rapidement ?

J’ai 29 ans, moitié polonaise, je suis couturière, styliste et voyageuse.

Tu lances prochainement ton propre projet, peux tu nous en parler ?

C’est un bon exercice pour moi cette question ! Ma storytelling n’est pas au point ;-D

C’est une histoire entre Paris et Bogota, mais pour en dire plus, obligé de commencer par le commencement, parce que la 1ère question qu’on me pose c’est « ah oui, mais pourquoi Bogota ? ».

Donc ça commence à Paris dans la ligne 12, avec la rencontre de mon copain. Puis la rencontre avec son pays, la Colombie. Un 1er voyage, un second, et l’occasion de passer un peu de temps dans une usine de confection. J’en ai donc profité pour faire le maillot de bain noir une pièce, croisé dans le dos, qui était dans ma tête, mais dans aucune boutique ! Et voilà, l’histoire de « historia natural » était belle et bien lancée !

Tu as donc changé de vie pourquoi ce changement ?

Je pense que c’est important de passer par un inconfort, un mode de vie ou un travail qui ne nous ressemble pas pour craquer et désirer un changement. Dans ces conditions, le changement ce n’est plus juste une envie, mais un besoin. Ensuite finalement, qu’importe le résultat, c’est le chemin pour y arriver qui compte. Dans mon cas, c’est ce qui c’est passé, le salariat ne me convenait pas du tout, trop figé, pas assez de liberté. La vie est trop courte pour s’imposer ça !

Quelles différentes étapes as-tu traversé pour réussir à lancer ta propre marque ?

Une, puis des belles rencontres, un voyage, une petite déprime guérie par une rupture conventionnelle… et beaucoup beaucoup d’envies ! J’ai eu un suivi qui a commencé avec Activ’crea. Très sommaire mais pas inutile non plus. Puis la couveuse à la BGE Parif. Il y a pas mal de phases de doutes, mais si l’envie reste, il faut continuer !

Quels conseils pratiques (mais aussi côté moral) donnerais-tu à une femme qui a un projet professionnel et qui n’ose pas se lancer ?

Le plus important c’est d’essayer.

Parfois, juste de penser son projet possible, ça apporte un bol d’air et de confiance, qui peut-être servira à tout autre chose que le projet en lui-même !

Il faut aussi savoir se remettre en question, tout en ayant confiance en soi. Je m’explique : c’est hyper cool les conseils, les recommandations, il faut tout prendre, mais tout trier aussi, parce que monter son projet, c’est aussi construire une partie de soi-même, et c’est important que ça colle avec qui on est ! Donc je conseille vraiment de se faire accompagner, de faire des formations, mais aussi ménager du temps seule pour poser des bonnes bases.

Tu as aussi récemment déménagé et quitté Paris, pourquoi ?

Je n’avais plus de bonne raison d’y rester. Quand on part le matin et que l’on rentre le soir, c’est simplement un petit bonheur de rentrer chez soi, on en oublie que c’est un bonheur de juste 24 m2. Le grand problème des freelances, c’est qu’ils ne veulent plus ou pas être enfermés dans un bureau… mais du coup la majorité n’ont plus d’endroit pour travailler… Donc ça va avec mon besoin de liberté professionnelle. Et puis, plus personnellement, construire sa vie autour de quelqu’un d’autre c’est pas une bonne option, pour personne.

Et autre trèèèèès bonne raison : l’appel de la nature ! Paris était devenu comme ces personnes que l’on aime profondément, mais petit à petit, on fini par ne voir que leurs défauts… Ce n’était pas non plus facile pour autant de partir, exactement comme une rupture.

Interview Slow Life : Eva des Slow Lifeuses - 22 v'la Scarlett

Pourquoi ça te parle la Slow Life ?

Pour moi c’est juste mettre un terme anglais branché sur un mode de vie que j’ai depuis toujours ! Je ne suis pas une consommatrice, même ma marque, j’essaye de remodeler toute ma stratégie pour qu’elle colle à ma vie, et non pas à des objectifs chiffrés.

J’adore ne rien faire ! Et ce n’est jamais du temps perdu. Quand je dis rien, c’est ce que d’autres pourraient appeler de la méditation, ou de la contemplation… Quand je sors, sans portable, sans argent, pour marcher, pour observer les gens, ou sentir la forêt, ma journée est déjà productive pour moi. Je ne profite pas de ce moment pour passer des coups de fil, ou pour faire une course. Après ça, rester devant mon ordi à bosser me paraît moins pesant.

Dans l’alimentation également, j’écoute mon corps, je lui donne ce qu’il a besoin sans plus !

Les Slow Lifeuses, elles t’apportent quoi ?

Je pense qu’on a toutes ce don non négligeable, de voir du plaisir et du bonheur partout !

Elles ont aussi leurs fragilités, et ça c’est naturel. Certaines partagent parfois les aspects difficiles de leur vie, mais je pense qu’elles le postent au bon endroit, tant que la balance des membres « down » et des membres « up » reste positive. J’aurais aimé trouvé ce groupe quand j’allais pas trop bien, ça m’aurait sûrement apaisée, parce que même si je voyais du monde, je me sentais terriblement seule. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse !

Je me retrouve dans pas mal de posts, c’est comme une bande d’amies virtuelles qui partage une même philosophie de vie.

Qu’est ce qui est le plus important RIEN QUE POUR TOI dans ta vie ?

Difficile cette question…. C’est sensoriel je pense, la vue, le toucher. Des cinq sens, ces deux là pourraient me combler toute la vie, et ce serait terrible de les perdre.

Y-a-t-il des choses que tu trouves difficiles dans notre monde actuel ?

Tout dépend à quelle échelle on se place. A l’échelle du monde oui c’est terrifiant… Une des raisons qui me fait taire mes hormones sur le sujet de la procréation ! Après on peu aussi dire que ce sont des prochaines générations que viendra le changement de vision sur la nature, les ressources, les comportements humains… waa mais quelle pression pour eux !

Le monde est très accessible maintenant, c’est assez facile d’aller voir ailleurs comment les autres font, et vivent. La mondialisation c’est ça aussi et c’est génial.

Le manque d’ouverture sur les autres et le jugement, c’est dommage..

Et si tu pouvais changer une seule chose dans le monde ce serait quoi ?

Enlever son pouvoir à l’argent. (Pardon, j’ai commencé Utopia XXI de Aymeric Caron!) Après il y aura encore l’intolérance à supprimer pour arrêter les guerres de religions (entre autres choses).

Et voilà ! en deux phrases, un nouveau monde ;)

Merci Eva <3