En décidant d’entreprendre, j’ai découvert un drôle de phénomène. Le phénomène du « Comment ça tu ne fais pas comme ça ? », « Tu devrais plutôt faire comme ça », « Mais non ne fais pas ça, tu vas aller dans le mur ».

J’ai découvert la peur qui animait mon entourage et qui avait une fâcheuse tendance à déteindre sur moi, à me faire flipper, douter, et parfois reculer.

Comme si l’échec n’était pas permis. Comme s’il existait une façon parfaite de vivre, une voie toute tracée, qu’il faudrait suivre à la lettre. Si cette formule magique existe et rend heureux, j’aimerai bien la connaître. En attendant, force est de constater qu’en suivant une voie plutôt qu’une autre, on ne connaît pas l’arrivée. Alors si on se lâchait un peu et si on s’autorisait à expérimenter, à faire les choses autrement ?

C’est quoi « être comme tout le monde » ?

  • « Non mais sérieux, tu n’as pas fait de business plan pour prévoir ce qu’il va t’arriver durant les 10 prochaines années de ta vie ?
  • « Mais pourquoi tu restes locataire ? Tu sais que c’est comme jeter l’argent par les fenêtres ! »
  • « Commennnnnnt ça vous n’êtes toujours pas mariés, ni propriétaires, ni parents… Tout va bien dans votre couple ? »
  • « Et tes parents n’ont toujours pas rencontré ses parents ? Mais t’es VRAIMENT sûre que tout va bien dans votre couple ? »
  • « Vous partez en vacances séparément ? Non mais là je m’inquiète énormément ! »
  • « Comment vous faites pour vivre sans compte commun ? »
  • « Et comment vous faites pour vivre sans micro-ondes ? Tu manques d’argent ? Sinon je peux vous en offrir un à Noël… »
  • « Tu devrais tomber enceinte maintenant c’est le timing parfait ! »

D’accord je vais suivre tous vos conseils : je tombe enceinte maintenant, je me marie, on prend un compte commun, on achète une maison, ah oui un prêt sur 30 ans OK, on part en vacances tous les deux chez mamie, bah oui parce qu’il faut bien aller la voir mamie, je fais un business plan sur 20 ans comme ça je serai tranquille, je sais où je serai dans 20 ans, nickel, on achète un micro-ondes, et après c’est bon, j’aurai tout programmé et je serai heureuse c’est ça ?

On a chacun notre propre vision des choses, de ce qui fait et ce qui fera notre bonheur, et c’est tant mieux comme ça. Il n’y a pas de « comme toute le monde », il y a une pluralité d’individus et de points de vue. J’aime écouter le point de vue des autres, cela me permet de prendre du recul, de voir les choses autrement, d’apprendre, de grandir. J’écoute, je note, je m’écoute, j’en prends, j’en laisse.

Ton entourage te renvoie tes propres peurs

Tout le monde vous fera douter, douter dès que vous sortez des cases, douter dès que vous tentez autre chose, dès que vous tentez quelque chose qu’ils ne connaissent pas et ne maîtrisent pas. Que l’on soit du genre à anticiper ou à se laisser porter d’expérience en expérience, il n’y a aucun moyen de prédire ce que l’on sera dans 20 ans, où l’on vivra, avec qu’il l’on sera. Et cela peut-être aussi excitant que déstabilisant.

En entreprenant j’ai eu peur, très peur. Et mon entourage m’a renvoyé ma peur, me renvoyant en pleine figure mes doutes et mes questionnements : est-ce ce que je fais n’importe quoi ? Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que mon projet va intéresser du monde ? Est-ce que je ne devrais pas tout abandonner ?

Et puis j’ai travaillé sur moi, travaillé à lâcher prise, travaillé à croire en moi. Et surtout, travaillé beaucoup à m’accepter comme je suis, à comprendre que ce n’est pas grave de ne pas rentrer dans une case, de ne pas avoir d’intitulé habituel pour se définir. Que si j’échoue je me relèverai, j’essayerai autre chose, j’aurai les ressources en moi pour rebondir.

Durant plusieurs mois, je me suis fait accompagnée par Céline des Serial Kiffeuses (elle aide les femmes à kiffer leur vie et leur job). On a fait un méga boulot ensemble, j’ai enlevé une couche puis une autre couche et encore une autre. Parce que j’avais envie de lancer un truc à moi. Je cherchais désespérément quel intitulé allait me convenir : blogueuse ? journaliste (ma formation) ? infopreneur ?

Alors j’ai décidé d’arrêter de me torturer en me demandant désespérément ce que je voulais vraiment faire de ma vie. J’ai choisi de me mettre dans l’action et de faire un pas après l’autre. Et doucement, je suis sortie des cases sans même m’en rendre compte. J’ai juste décidé de créer, créer, créer.

Durant un an, j’ai poussé de nombreuses portes pour réussir à mettre en place mon projet : Pôle emploi, Chambre de Commerce, Comptable… Voilà, moi je veux monter mon propre projet : dedans il y aura de la slow life, parce que je veux que les femmes se reconnectent aux essentiels et passent de bons moments; il y aura de l’éditorial, parce que je suis une amoureuse des mots, que la rédaction c’est mon métier, et que je ne veux pas m’en séparer; il y aura des projets parallèles avec des entrepreneuses, parce que j’aime co-créer, échanger, partager. Je veux quelque chose d’authentique.

Vous imaginez ?

Evidemment, je n’ai pas raconté tout cela précisément, sinon c’était la crise d’angoisse assurée en sortant.

Lors de chacun de mes rendez-vous professionnel pour comprendre comment lancer correctement mon projet afin qu’il rentre dans les cases des administrations (oui, dans l’administration il y a par contre un paquet de cases !), c’était les montagnes russes dans ma tête : d’un côté je songeais à tout abandonner, d’un autre côté cela me donnait la force de continuer, de ne rien lâcher, cela me donnait un coup de pied aux fesses pour y arriver. Parce que j’ai rejoint une communauté d’entrepreneuses, les Entrepreneuses qui déchirent, et que l’on est plus de 9000 femmes à se réveiller chaque matin et à enfoncer des portes pour se faufiler dans une nouvelle voie. Si un jour tu veux te lancer dans la belle aventure de l’entreprenariat, je ne peux que te recommander de rejoindre une communauté sur laquelle tu peux compter.

Un an après, certaines entrepreneuses sont devenues des amies.

Et surtout, je me suis mise à croire en ce que je faisais. A comprendre qu’être authentique, être sensible, être moi-même, ce n’est pas une faiblesse.

Alors mon entourage s’est mis à me soutenir, à m’aider, à m’épauler. Et même à me dire « Mais vas au bout de ton projet, sinon tu auras des regrets » quand je doute ! J’ai eu moins peur, cela les a rassuré, ils me renvoient moins de peurs.

Je sais pourquoi je le fais.

Et voilà, durant les vacances d’été, je suis devenue auto-entrepreneur et j’ai lancé ma boutique en ligne, Les Slow Lifeuses. Si tu lis ma newsletter ou que tu m’as rejoint sur le groupe Facebook des Slow Lifeuses, tu le sais déjà, arriver à créer cette boutique et à sortir mon premier produit « Le Carnet qui me veut du bien » a été un véritable parcours du combattant. J’ai l’impression d’être passée plusieurs fois sous un rouleau compresseur. Je réalise seulement maintenant que ce qui a été le plus difficile, ça n’a pas été de trouver les idées, ça n’a pas été de travailler. Non, le plus difficile a été de sortir des cases. De ne pas me laisser submerger envahir par mes peurs, par mes doutes. De ne pas écouter toutes ces peurs que les autres me renvoyaient. De faire les choses à ma façon ! Oui, faire les choses à sa façon c’est compliqué, sortir des cases c’est totalement épuisant. Mais c’est aussi un apprentissage merveilleux qui peut réserver de belles surprises !

D’ailleurs il y a une chose dont je ne me remets pas encore : lors de mon dernier rendez-vous avec ma conseillère Pôle Emploi, elle m’a glissé « Votre force, c’est d’avoir fait les choses à votre façon ».

A ma façon j’ai créé mon projet, et la boutique des Slow Lifeuses est née…

« Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et il se réaliseront sûrement ». Martin Luther King

Personne ne peux mieux savoir que toi ce qui est bon pour toi. Je te souhaite d’être toi-même, de faire les choses à ta façon, d’expérimenter, de te laisser la possibilité d’échouer, de te laisser la possibilité de réussir, de t’amuser de la vie !