Dans ma recherche d’une vie plus « slow » à essayer de profiter davantage du moment présent, je me suis retrouvée face à une interrogation lors de mon dernier voyage en Grèce : prendre ou ne pas prendre de photos en voyage ? Cela fait d’ailleurs déjà un bon moment que je m’interroge sur l’usage de mon appareil photos en vacances, en week-end, en soirée…

Car à trop vouloir prendre de photos, lors du tri à mon retour de vacances j’avais parfois oublié être passée à cet endroit, avoir pris ce moment en photos. J’étais tellement derrière mon appareil que je ne prenais même plus le temps d’apprécier simplement l’instant pour le garder précieusement en tête.

Ne plus prendre de photos me paraît tout simplement impossible. Car j’aime ça, j’aime retrouver ces souvenirs quelques années après. Certains jours, j’éprouve le besoin de me replonger dans ces bons moments, mes photos me permettent de me remémorer un instant, des parfums… Et j’aime en partager certains ici.

Pourtant, pour chaque week-end passé dont je voulais vous parler, je me suis rendue compte que le nombre de photos pour l’illustrer était de plus en plus pauvre. J’avais bien l’image dans ma tête, les mots pour vous en parler, mais pas toujours de photos à l’appui.

Et lors de mon dernier voyage en Grèce, j’ai eu beaucoup de mal à sortir mon appareil les premiers jours. Ce que je vous ai montré de Santorin, c’est presque tout ce que j’ai pris. Il y a tant d’autres choses que j’aurai aimé vous faire partager et que j’aimerai revoir aujourd’hui. Mais je crois que dans ma démarche de prendre le temps de vivre, j’ai eu besoin de cette coupure pour réussir à vivre de plus en plus  au présent, et naturellement, je n’avais plus envie d’avoir l’oeil collé à mon appareil. J’avais juste envie de vivre pleinement chaque instant et de le photographier dans ma tête, pour me les remémorer et pouvoir m’en servir mentalement, en cas de coup de blues, de besoin de m’évader, de me nourrir des bons moments…

Prendre ou ne pas prendre de photos en voyage : le dilemme - 22 v'la Scarlett

Je me suis rendue compte de cela après quelques jours de voyage. Parfois, je croisais d’autres touristes qui tenaient un appareil dans une main, un iPad dans l’autre, un iPhone prêt à être dégainé dans la poche… Je ne critique absolument pas cela, chacun vit ses voyages comme il l’entend, et il m’arrive encore très souvent de sortir mon appareil et mon iPhone en même temps. En les regardant, cela m’a juste rappelé certains de mes précédents voyages : on ne bouge pas de cette vue magnifique tant qu’on a pas une bonne photo sur le réflex, une autre sur le iPhone pour Instagram, Facebook etc. En les regardant je me suis aussi aperçue qu’ils ne se posaient même pas un peu pour apprécier ce fameux paysage, ils l’ont regardé deux secondes en arrivant pour s’assurer que l’angle allait être sympa, et puis ils ont mitraillé.

En tout cas, moi c’est comme cela que j’ai longtemps fonctionné. J’avais encore du mal à trouver mon équilibre pour que mes photos deviennent un besoin pour moi, une autre manière d’appréhender un voyage et des moments et non une nécessité d’en ramener un maximum.

Appareil photo NikonEn Grèce, je ne me posais donc pas trop de questions, je n’avais pas envie de sortir mon appareil. Et puis un soir, je suis allée lire plusieurs blogs pour voir s’il n’y avait pas des adresses sympas que l’on aurait raté. Je suis tombée sur des blogs avec plein de magnifiques photos, des panoramas, des détails… J’ouvre alors mon appareil et je me rends compte que je n’ai rien pris de tout cela à Santorin. Tous ces détails sont dans ma tête, mais rien sur la pellicule. Je n’ai que les lieux incontournables, rien de tous ces petits « plus » qu’on a adoré vivre à vous montrer.

D’un coup, l’angoisse monte.  J’ai  la sensation d’avoir perdu une partie de mon voyage, comme un raté, d’être passée à côté. Je ne pourrais pas montrer à quel point c’était génial…

J’avais envie de vous parler de tout cela car ce n’est pas si simple de trouver un équilibre. J’ai toujours admiré les passionnés de photos, ceux qui ont l’oeil, et pourraient vivre de cela, de leur don particulier pour capturer des instants. Mais il a bien fallu l’admettre, ce n’est pas moi, je n’ai pas ce don. Pourtant j’aime vraiment la photo, mon appareil chéri et capturer des instants.

Ramener des photos, pour les souvenirs, et pour ce blog aussi… Ou ne pas prendre de photos et dévorer tout cela rien qu’avec mes yeux : le dilemme.

A force de prendre le temps de m’écouter, j’appréhende enfin les choses differemment. Je suis actuellement en Sicile et mon appareil et moi on s’est joyeusement réconciliés . Passer par cette phase de pause de photos m’a permis de me libérer d’une certaine « obligation » de ramener mon voyage en photos, en ramener le plus possible et le plus joliment possible, que je m’imposais moi-même et qui finalement me pesait et m’éloignait de ma passion naissante pour la photo. J’apprends toujours à savourer le moment présent, mon appareil à la main. Il devient même une aide précieuse dans ma quête d’une vie et d’un voyage plus slow : prendre le temps de regarder un paysage, un objet, le voir changer de couleur en fonction de la lumière, observer la vie qui se déroule, les gens qui passent, écouter, sentir… Puis immortaliser, sans mitrailler, avec les yeux, à travers le viseur. Ne plus se soucier de la « bonne photo », être juste pleinement là à observer et vivre l’instant présent.

Une question d’équilibre, j’avance à petits pas.

Et vous, quel est votre rapport à votre appareil photo en voyage ? Avez-vous déjà eu l’impression de passer à côté d’un voyage ?

 

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