Aujourd’hui j’avais envie de vous parler d’autre chose que de gluten free et de voyages. Car quand je ne mange pas et que je ne voyage pas il m’arrive de travailler ;) Cela fait deux ans que je suis une télétravailleuse, et depuis je suis confrontée à toute sorte de réaction quand j’évoque cette particularité professionnelle : d’abord de grands sourires se dessinent (ouah la chance tu bosses de chez toi, pas de transport et en pyjama toute la journée), ensuite les visages se crispent (mais t’as pas de collègues, adieu la vie sociale, tu dois te sentir SI SEULE). Alors je me suis dis qu’il était temps de percer le mystère du télétravailleur. Si vous hésitez à tenter l’aventure, que vous avez peur de finir sans ami, sans collègue, à parler tout seul à votre ordinateur (ou à votre chat dans le meilleur des cas), que vous vous posez autant de questions que moi il y a deux ans, voici mon retour d’expérience, tout à fait personnel.

[note note_color= »#ffffff » text_color= »#000000″ radius= »1″]EDIT : j’ai rédigé cet article il y a un petit moment, mais je ne suis plus en télétravail actuellement. J’ai tout de même décidé de vous le partager tel quel, sans retouche, avec mon ressenti exact du moment. Je garde un excellent souvenir de cette expérience qui m’a appris énormément de choses. J’espère vous éclairer si vous vous posez un jour des questions sur cette manière de travailler.[/note]

Travailler de chez moi ? Mais je ferai tout le temps la grasse matinée !

Je l’entends très souvent celle là « Mais comment tu fais pour te lever le matin si ton chef ne t’attend pas derrière la porte pour te surveiller ? ». Moi c’est une question que je ne me suis jamais posée. Et pourtant, je ne suis pas du tout mais pas du tout du matin ! Déjà parce que je travaille pour une entreprise. Avec des horaires de travail. Donc, derrière mon écran, j’ai moi aussi un patron qui m’attend et des collègues qui travaillent. Même s’ils ne sont pas à côté de mon bureau pour me proposer un café, ils sont bel et bien là, à distance, et une équipe a besoin de tous ses membres pour avancer. Ensuite parce que c’est certainement un état d’esprit, que je sois de chez moi ou dans un bureau, il y a du boulot à faire, alors je me lève comme n’importe quel salarié qui va travailler ! Et puis, étant une grande accro à mon ordinateur, travail ou pas travail, la première chose que je fais après un bon thé (ou pendant d’ailleurs) c’est de pianoter. Je n’avais pas de doute sur le fait que passer des heures devant un ordinateur ne me poserait absolument aucun problème !

Ah je t’imagine, derrière ton écran en pyjama…

En fait non pas du tout. Même si j’adore laisser les gens imaginer cela :) Bah oui, quand on doit enfiler son costard cravate tous les matins y’a de quoi rêver de passer ses journées en pyjama. Moi j’ai toujours travaillé sur internet, donc le costard cravate est un spécimen que je n’ai jamais connu. Dans le « oueb » on est plutôt jean baskets. Sur ce point là, ça ne me change pas vraiment ! Moi le matin, je fais comme tout le monde, je me lève, je me lave, je me brosse les dents (si si je vous jure), je me maquille, et même que je me coiffe (enfin là je bataille un peu, mais c’était déjà la même guerre quand j’allais au bureau). Et puis je m’habille aussi. La seule différence est que mon dressing blindé de chaussures et manteaux est bien malheureux, j’ai moins l’occasion de les user. Cela me semble important de continuer à prendre soin de soi quelque soit la journée qui nous attend.

Mais les collègues doivent te manquer (mine très très triste) ?

On a du me le dire une bonne centaine de fois avant que je commence à bosser, si bien que j’étais quasiment terrorisée avant de débuter. Car ceux qui me connaissent savent que je suis particulièrement bavarde, j’adore échanger sur mon boulot avec mes collègues. Et puis, le grand jour est arrivé. Entre collègues on discute tous par skype. J’ai donc appris une nouvelle manière d’échanger, à l’écrit et à l’oral. Et on échange tellement sur les projets, que je n’ai pas l’impression d’être isolée et sans collègues. J’imagine que cela dépend de la façon de travailler dans chaque entreprise, si vous n’avez aucun contact avec votre équipe et que vous adorez vos pauses café, cela pourra certainement vous manquer. Cela dépend aussi de la formule : je suis en télétravail à plein temps, mais certaines entreprises le mettent en place deux jours par semaine, dans ce cas on doit pouvoir garder un lien plus facilement. J’ai aussi découvert un autre aspect pratique : se faire à manger le midi… Moi qui mange sans gluten, cela rend la tâche plus facile  puisque c’est moi qui cuisine.

Travailler seule, comment se motiver ?

Si vous vous posez la question, c’est peut-être que votre emploi actuel ne se prête tout simplement pas au télétravail. J’ai toujours été très autonome dans mes précédents emplois en bureau, et habituée à organiser mes journées toute seule. Si vous êtes relativement indépendant, les choses se font naturellement une fois devant son ordinateur. En cas de surcharge de travail, une bonne liste des choses à faire le matin permet d’y voir plus clair. Quoiqu’il en soit, il n’y a à mon avis pas de règle fiable sur ce sujet, on peut parfois se découvrir d’incroyables ressources lorsqu’on se retrouve toute seule !

Dissocier vie professionnelle et vie privée

C’est certainement l’un des plus grand dangers du télétravail. Comme on est chez soi, on peut perdre la notion du temps et oublier de s’arrêter de travailler. En télétravail bien organisé, c’est un peu différent. Ayant des horaires comme en bureau, cela me permet de me fixer des limites. En cas de rush, il nous arrive bien évidemment de terminer plus tard (comme vous certainement), mais l’avantage, c’est que je sais que je n’ai plus une heure de transport qui m’attend derrière. C’est donc nettement moins oppressant.

Concernant le lieu de travail, j’ai eu beaucoup de mal à mes débuts à dissocier tout cela, mon bureau était situé dans mon salon : à droite mon bureau, à gauche mon canapé et ma table à manger. Si bien que le week-end j’avais tout le temps l’impression d’être installée dans mon bureau. J’ai donc déménagé pour avoir une pièce à part dédiée à mon espace de travail, si vous en avez les moyens, c’est très certainement la solution la plus confortable.

Avantages VS Inconvénients

L’avantage principal bien sûr : adieu les transports en commun. Quand on habite en région parisienne, cela peut retirer 2 à 3h de transport par jour. Du coup, c’est de la fatigue en moins.

Pour moi, cela a aussi été moins de jours d’arrêt maladie. A vrai dire je n’ai eu aucune absence. Je suis moins fatiguée, je passe moins de temps à courir entre les transports (et leur retard), le bureau, et les impératifs de la vie perso qui s’ajoutent à tout cela. En cas de coup de froid qui arrive, je peux empiler 2 écharpes et 3 couvertures sans que personne ne le sache… Tout cela cumulé m’a certainement aidé à conserver ma bonne santé. Ah oui et aussi : depuis que je travaille pour un magazine féminin spécialisé dans le naturel, j’ai une belle collection d’huiles essentielles. Quand je sens la maladie approcher, je diffuse et me tartine toute la journée (et y’a personne pour rouspéter) !

L’avantage dont on parle moins sur tous les articles que j’ai pu lire sur le sujet, c’est l’autonomie. D’abord, il y a une notion de « confiance » très appréciable qui s’instaure avec son équipe. Ensuite, pour moi c’est un plaisir quotidien de travailler de manière autonome : organiser mes journées de manière efficace pour que le travail soit fait me génère moins de stress. Et puis, on peut se sentir encore plus fier quand on a réussi à mener des projets de manière autonome, tout cela à distance, en trouvant les manières les plus efficaces de communiquer !

Contrairement à certaines idées reçues, on travaille beaucoup plus en télétravail. Mais ce n’est pas forcément plus fatiguant. Tout simplement car on est beaucoup plus concentré, et qu’on ne risque pas d’être interrompu en pleine tâche par un collègue qui vient nous poser une question en face à face (sur skype on peut attendre de terminer notre tâche avant de répondre, en live c’est plus compliqué ;), ou encore par le coup de fil d’un collègue assis à côté, ou encore par le bruit de fond d’un open space. En bureau, cela peut parfois être une vraie gymnastique : on est lancé sur un projet, un document, une idée, on avance, on va vite. Puis un coup de téléphone ou un collègue vient suspendre notre avancée, on ouvre un nouvel onglet et on met de côté de qu’on vient de faire. Quand on doit s’y replonger on a toujours besoin d’un peu de temps pour remettre nos idées en place, reconnecter, retrouver la même concentration et dynamique. En fin de journée on peut parfois avoir cette impression de n’avoir rien fait, alors qu’on a finalement commencé plein de choses sans réussir à les terminer. En télétravail, on peut facilement rester concentré sur une ou plusieurs tâches, on est plus productif et moins fatigué. Un avantage pour l’employeur, comme le salarié.

Et dans les inconvénients, il y a bien sûr les collègues qui ne sont pas là. Ceux avec qui on s’entend vraiment bien, qui nous font rire autour de la machine à café, nous changent les idées et avec qui on peut échanger beaucoup plus que du professionnel. Des précieux collègues qui peuvent parfois manquer !

Et vous avez-vous testé le télétravail ?